Le programme de développement de compétences en Service à la clientèle de BUILT Network a été conçu à North Bay, Ontario en mai 2002. Le programme a été développé expressément pour donner aux personnes vivant avec un handicap l’occasion de se réunir en groupe pour améliorer leurs compétences et capacités professionnelles. BUILT Network fournit des services aux personnes vivant avec des difficultés de santé mentale à l’échelle nationale. Les personnes admises au programme sont toutes au chômage depuis au moins trois ans et ont toutes vécu personnellement des difficultés variées dont le manque d’estime de soi, le manque de confiance en soi, la dépression, les troubles d’anxiété, la schizophrénie, le trouble bi-polaire ou autres problèmes reliés à la santé mentale.
Pendant l’année fiscale 2004-2005, 109 personnes à travers le Canada ont accédé à un emploi ou sont devenus travailleurs autonomes et 13 personnes sont retournées aux études postsecondaires après avoir suivi notre programme de sept semaines. Le programme BUILT Network a commencé il y a trois ans par l’organisation de lave-autos et de levées de fonds pour acheter un ordinateur et de l’infrastructure nécessaires. Ce sont les personnes handicapées qui ont créé le programme et qui sont la source de son succès au niveau national.
Au début de l’an 2002, nous sommes devenus conscients que certaines personnes étaient laissées pour compte, inadmissibles aux services existants dans notre communauté. Selon nous il était inacceptable qu’on refuse des services à des personnes si celles-ci ou les organismes qui les envoyaient n’en assumaient pas les coûts. Il fallait faire des changements afin que toutes les personnes, sans exception, aient accès à des possibilités de développement professionnel et à des programmes d’appui. Il était essentiel d’inventer un programme communautaire axé sur un vrai souci pour les personnes, et non axé sur le profit, puisque cela constituait un moyen plus sincère et concret pour d’aider les personnes à progresser!
Le premier besoin comblé par la création de notre programme, c’était la facilitation de partenariats entre les organismes, les personnes handicapées et les employeurs locaux. Le taux de chômage prolongé chez les personnes handicapées de North Bay et des environs était très élevé. Les personnes qui avaient été exclues du marché du travail pendant de longues périodes avaient du mal à prendre assez de confiance pour postuler des emplois. Alors que beaucoup de personnes exprimaient le désir de retourner au travail, celles-ci faisaient souvent face aux rejets à cause d’un manque de compétences, une absence prolongée du marché du travail, un curriculum vitae inadéquat et un manque de capacités d’entrevue. Des entrevues avec des personnes handicapées ainsi qu’avec des employeurs locaux et des responsables de ressources humaines ont confirmé l’existence de ces problèmes.
Ce qui manquait, c’était quelqu’un pour développer des liens avec les employeurs et servir d’intermédiaire entre ceux-ci et les personnes cherchant du travail en aidant ces dernières à acquérir les compétences nécessaires, en organisant des tournées de lieux de travail et en facilitant la collaboration des employeurs pour créer des relations qui mèneraient à des offres d’emplois.
Nous savions pouvoir compter sur l’appui des employeurs locaux. Ils avaient tous exprimé le désir de contribuer à notre mandat d’inclusion communautaire et d’élargissement des perspectives. Nous avons passé plusieurs jours avec les employeurs pour identifier les compétences et les habitudes de travail qu’ils recherchaient chez des employés, leurs attentes par rapport aux entrevues et les raisons pour lesquelles il décidaient d’embaucher ou de ne pas embaucher des candidats. Dans presque tous les cas, les employeurs ont identifié les mêmes trois priorités, soit des compétences en service à la clientèle, en communication et en techniques d’entrevue.
Cela nous donnait enfin une fondation pour commencer notre travail. Il nous fallait maintenant des ordinateurs, une imprimante-réseau et des équipements connexes. Cette initiative était tout-à-fait unique; nous n’allions pas faire demande pour des fonds gouvernementaux pour développer le programme. Nous allions créer le programme nous-mêmes, à partir de nos propres ressources. Plusieurs bénévoles dévoués, tous des personnes vivant avec un handicap, sont venus nous aider toutes les fins de semaine à laver des autos dans les stationnements du restaurant Harvey’s, de la station d’essence Winks et d’autres commerces locaux. Nous avons ensuite négocié l’achat de huit ordinateurs, d’imprimantes et d’équipements connexes. En peu de temps, nous avions tout installé.
Cela fait plaisir de se remémorer ainsi nos débuts, puisque les participants expriment toujours un grand respect pour notre engagement envers la création de ce projet. Nous répétons souvent que nous sommes capables de tout. Or, pour nous tenir devant des groupes de personnes en les assurant qu’elles ont les compétences et la capacité nécessaires pour travailler, il faut bien que nous puissions dire que nous avons fait justement cela pour créer le programme!
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